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BRUXELLES :
CITROËN
EN TÈTE
DU MARCHÉ
BELGE
BRUXELLES : Janvier n’est pas une époque tellement
agréable pour un voyage en Belgique et on ne s’attend pas à de grandes
nouveautés dans un Salon organisé en début d’année. Nous étions
cependant impatients de nous y rendre parce que le marché belge,
international entre tous, apporte d’utiles enseignements et aussi pour
voir l’accueil qui nous y serait réservé.
L’an dernier, en effet, le Salon de Bruxelles ne nous avait pas laissé
que de bons souvenirs. Dans la capitale belge, nous avions été accusés
de saboter l’Europe parce que notre gouvernement mettait certaines
conditions à l’entrée de la Grande-Bretagne dans le Marché Commun.
Cette année, la Grande-Bretagne reste toujours dans l’antichambre du
Marché Commun, mais la question n’a pas été évoquée une seule fois
devant nous au cours de notre séjour à Bruxelles.
Les Belges, en général, ont fini par admettre le bien-fondé des
arguments français. De plus, ceux d’entre eux qui s’intéressent à
l’automobile sont optimistes et constatent que certaines marques
anglaises sont relativement bien placées sur leur marché et continuent
à progresser.
ACCROISSEMENT DES VENTES
Les raisons d’optimisme tiennent dans les résultats
suivants :
En 1963, la Belgique a battu tous ses records avec un courant d’affaires
total de 325.000 voitures importées et montées. La consommation
intérieure a été de 188.000 voitures (avec 6.000 pour le Grand-Duché),
soit un accroissement de 18 % par rapport à l’année précédente, tandis
que les exportations ont atteint 137000 voitures, soit près de 8 % de
plus qu’en 1962.
Ces résultats ne suffiraient pas à justifier l’optimisme pour l’avenir
mais nos amis belges font remarquer que leur parc actuel comporte
1.060.000 voitures particulières el compte tenu de la politique suivie
par leur gouvernement il continuera à augmenter d’au moins 100.000 unité
par an jusqu’en 1970. Comme les besoins de renouvellement approchent et
dépasseront rapidement les 100.000 les Belges sont en droit d’espérer
une nouvelle progression dont tous les importateurs se réjouissent à
l’avance. Il est agréable pour des industriels et commerçants de
l’automobile de baser leur optimisme sur la politique gouvernementale.
Nous sommes loin de cette situation en France.
POSITIONS RELATIVES
Dans un marché en expansion, nombreux sont ceux qui font
ressortir certains résultats. En voici quelques exemples :
La position d’ensemble des Anglais nettement progressé d’une année à
‘autre, passant de 10,8 % du Mar ;hé en 1962 à 13,7 % en 1963. Ils le
doivent tout particulièrement à FORD G.B. dont les Iivraisons sont
passées de 14.092 en 1962 à 18.696 en 1963 et qui devance FORD Aliemagne.
C’est un situation à laquelle il est difficile de trouver une
explication logique.
L’industrie allemande conserve d’assez loin la première place sur le
Marché belge, mais Volkswagen qui, depuis de longues années était en
tète des marques, est descendue au quatrième rang, devancée par Citron,
Opel et Renault. Pius grave pour la marque allemande, dans ce marché en
très nette expansion, ses ventes sont tombées de 21 .606 unités en 1962
à 20,386 en 1963. Cette régression peut être considérée comme un
avertissement. Robustesse et qua lité du service après-vente ne suffi
sent pas à maintenir indéfiniment des positions de premier choix. A
l’opposé, Opel a réussi une progression spectaculaire passant de 14.764
à 21 .600 unités. La filiale allemande de la Général Motors le doit
surtout à la Kadett, concurrente directe de la V.W. 1200. Avouez qu’il
y a de quoi foire réfléchir les dirigeants de Volkswagen.
Les Français se sont réjouis en constatant que Citron occupe la première
place des marques avec un total de 22.405 véhicules Iivrés en Belgique
en 1963. Nos interlocuteurs belges mettent ce résultat au compte des
qualités de la production certes, mais aussi des succès en compétitions.
Lucien BIANCHI, champion de Belgique des rallyes internationaux c’est,
en effet, un pilote Citroën. Pour les autres français, Renault, occupant
la troisième place a perdu un rang alors que Simca (8) et Peugeot (90)
ont maintenu les leurs, mais la progression de Simca, proche de 30 %
d’une année sur l’autre, est très. nettement supérieure à la moyenne. Au
total, nous pouvons déplorer que le pourcentage de l’industrie française
sur le Marché belge soit tombé de 33,5 % en 1962 à 31,2 % en 1963. Mais
pourquoi certains de nos constructeurs cherchent-ils d’abord à se
concurrencer entre eux et le disent? A Bruxelles, Citron présentait une
l.D. 19 dépouillée pour la proposer en dessous de 100.000 F. 8. (10.000
francs français) et la mettre en concurrence directe avec la 404, C’est
ce qui nous a été affirmé sur le stand au moment même où à Paris, on
annonçait certains accords Citroën - Peugeot. A Bruxelles aussi, les
Caravelles, Renault, coupés et cabriolets, ne sont pas vendues le même
prix. Le coupé est moins cher pour concurrencer les Panhard 24 qui font
leur apparition.
Ce sont là les remarques essentielles. Ajoutons cependant que silo Fiat
a progressé (13.200 contre 12.024) sa position reste relativement
modeste, que la situation d’ensemble des constructeurs américains
continue à se détériorer (2,9 % du Marché en 1963 au lieu de 3,6 % en
1962), et que la présence de modèles russes et japonais est sons aucune
influence sur le Marché.
EVOLUTION DE QUELQUES MODELES
Nous avons d’abord développé l’aspect économique de ce
Salon parce que le Marché belge o toujours été très international et
permet des comparaisons intéressantes, Par contre nous n’avons découvert
que peu de nouveautés sur les stands.
Coté Français, en dehors de l’l.D 19 simplifiée, nous avons uniquement
remorqué quelques modifications apportées au « Jet » de René Bonne pour
en améliorer le confort.
Le stand Ferrari a connu un grand succès de curiosité avec la nouvelle
330 G.T. que nous présentons dans nos pages sportives.
La Mercédès 300 SE. a évolué elle aussi. Diverses transformations ont
permis de faire passer la puissance maximale de 185 à 195 ch (S.A.E.)
amélioration de l’injection dans la pipe d’admission (pompe à six
pistons) et de l’évacuation des gaz brûlés accroissement du rapport de
compression et adoption d’un dispositif de rotation des soupapes. Pour
faciliter l'évacuation des gaz, on a allongé les tuyaux des collecteurs
d’échappement en évitant les coudes et augmenté leur diamètre. Une
modification de l'arbre à cames permet, conjointement à l’accroissement
du rapport de compression (8,8 au lieu de 8,7) une meilleur exploitation
de la puissance aux régimes supérieurs. Avec ces améliorations, la
berline à botte mécanique plafonne à 190 km/h et celle à boîte
automatique 1 85 km/h. Pour les coupés et cabriolets cette vitesse de
pointe est de 200 km/h.
Evolution aussi sur le stand Rootes ou nous avons trouvé des versions
modifiées des Sunbeam Alpine Grand Tourisme et Sport Tourer. En ce qui
concerne l’aspect extérieur, les ailerons arrière ont pratiquement
disparu, la calandre a été modifiée de même que les feux avant et
arrière. Dans le domaine mécanique, la puissance du moteur 4 cylindres
de 1 ,6 litre de cylindrée a été portée à 88 ch (S.A.E.) à 5.000 tours,
ce qui assure une vitesse de pointe de 160 km/h. Les modifications ont
porté sur une nouvelle tubulure d’échappement à deux conduits jusqu’au
silencieux et une nouvelle alimentation avec carburateur Solex double
corps. Mais le plus important est encore l’option proposée sur une
voiture à tendance sportive d’une transmission automatique Borg et
Warner. Mentionnons encore une modification du tarage de la suspension
et la suppression de tous les points de graissage.
Nous avons aussi apprécié la réalisation d’un jeune carrossier belge,
Jacques COUNE : un coupé de lignes très réussies à partir d’un châssis
M.G. Enfin, Wartburg, marque d’Allemagne Orientale, présentait une
monoplace de course de 1 .000 cmc, ce qui nous laisse supposer que les
notions de l’Est ne tarderont pas à prendre une part très active à
toutes les compétitions.
Notre moisson de nouveautés n’a pas été très féconde. Attendons
maintenant Genève qui verra la première apparition dans un salon de la
Renault R8 à moteur 1 .100 et de la nouvelle Opel Kapitan, mais où ceux
qui attendaient une nouvelle Peugeot seront déçus.
Pierre ALLANET.