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Dossier
Ferrari 2+2
La vie de famille
+ La cote de Rétroviseur
La meilleure base pour déterminer la valeur de votre voiture de collection

Ferrari 2+2 Plaisir sans
partage
La légitimité des versions 2+2 est souvent sujet de discorde parmi les
inconditionnels de Ferrari. Pourtant, le talent des dernières 456 GT et 612
Scaglietti confirme depuis plus de dix and toute la noblesse de cette "formule"
a part entière. Au point de magnifier l'historie des coupés 4 places a moteur
V12, nés en 1960 sous la forme d'une version dérivée des mythiques 250 GT de
compétition.
Génétique
2+2 = V12
L’imaginaire lié au nom de Ferrari
demeure incontestablement synonyme d’agressives berlinettes
sportives. Ce qui n’a pas empêché d’autres versions plus civilisées
de mener de brillantes carrières, conjuguant avec talent plaisir de pilotage et contraintes familiales. Dernier
tour de force et non des moindres, ces magiciennes
font aujourd’hui figure de “ticket d’entrée” au club très fermé des
Ferrari à moteur V-12.

![]() Autant la 250 GTE pousse le raffinement dans le moindre détail, autant son pilotage demeure très physique, du fait qu'elle exige d'être domptée en permanence. |
Avec leur empattement allongé et leur mise embourgeoisée, les coupés 2+2 ont souvent été considérés comme d’impurs compromis par les plus intégristes défenseurs du cheval cabré. Mis au-delà des interminables discussions autour de leur pédigrée, ces Ferrari “familiales” méritent d’être enfin reconnues pour ce qu’elles sont. Dans cette perspective, nous vous invitons à passer derrière le volant des trois grands modèles/jalons qui ont marqué l’évolution de l’espèce, tom de tout préjugé. Prenez place où bon vous semble (en vous serrant un peu si c’est à l’arrière), et bienvenue à bord!
Discrète élégance
Ce qui frappe le plus quand on approche une 250 GTE -
ou sa cousine 330 - pou, la première fois, c’est leur souci du détail,
la première se distingue de surcroît pat l’agressive pureté de sa
lace avant, mais toutes deux réunissent déjà l’essentiel des
ferments qui ont bâti la
légende de Maranello. Et même si elles offrent un aspect plus
polyvalent du grand tourisme à l’italienne,
ces Ferrari 2+2 n’en dégagent pas moins ce subtil
équilibre de
sensualité et de brutalité qui n’en finit jamais de vous
fasciner.
Leurs charmes intérieurs prolongent la magie de la rencontre. avec des
arguments aussi basques que cette batterie de cadrans ronds sur fond
de tôle peinte toute simple, ou encore la finesse de l’accastillage
chromé dispersé dans cet écrin de cuir d’un raffinement extrême,
Vous remarquerez que nous avons laissé de côté l’inévitable volant Nardi,
sans lequel une Ferrari ne serait plus tout à lait ce qu’elle est,
mais auquel nous tenons également à rendre hommage.
|
Très discutée, la calandre de la 330 GT première mouture reviendra rapidement à deux phares seulement ... A l’intérieur, le coupé 2+2 exige aussi quelques concessions: le plancher arrière comporte ainsi trois tunnels, un pour la transmission et deux pour les tubes de châssis. |
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... Les charmes intérieurs de ces
Ferrari 2+2
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Jean-Philippe
Coulaud RV: Comment la 612 Scaglietti affirme-t-elle cet esprit Ferrari sur
le thème du coupé 2+2 à moteur V12 avant? |
Le plaisir dans les gènes
L’invitation au voyage se confirme dès le réveil du V12. dont
l’ardeur sonore au ralenti dans l’habitacle évoque plus l’ambiance
des stands des circuits que les salons ou l’on cause. Bonheur
suprême, notre monture a déjà bénéficié de sa séance d’échauffement
avant notre rencontre, et nous allons donc pouvoir d’emblée la
laisser s’exprimer librement. Le temps de prendre quelques repères,
comme la relative lenteur de la boîte de vitesses ou la dureté
proverbiale de la commande d’embrayage et des freins — sans oublier
celle du fameux volant —,et cette source de bonheur infini offerte à
tout ferrariste vous envoûte peu à peu. La modulation harmonique qui
accompagne les accélérations de la voiture incite à en demander
toujours plus. La spontanéité des interminables montées en régime
est encouragée par ces envahissantes vocalises métalliques, qui vous
donnent vite le sentiment que la voiture partage votre plaisir.
L’air de rien, cela vous pousse constamment à maintenir le rythme
au-delà des 5000 tr/mn, et ce chant des sirènes vous ferait presque
oublier les vitesses ainsi atteintes. Heureusement, dure est aussi
la suspension, et la tendance naturellement sous-vireuse de la
voiture en entrée de virage est facilement contrôlable avec un
minimum d’expérience, et sur sol sec ... A haute vitesse, leur
stabilité fait honneur à la vocation de grande routière de ces
Ferrari faites pour les grands espaces, contrairement à la relative
résistance de leur freinage à l’échauffement. Alors, convaincu(e)?
Qu’ajouter de plus, sinon qu’Enzo Ferrari lui-même avait fait de la
250 GTE sa monture quotidienne !
LA FERRARI 250 GT ET SES CONCURRENTES EN 1963
| Marque | FERRARI | ASTON MARTIN | FACEL VEGA | ISO | MASERATI |
| Modèle | 250 GTE | DB6 Saloon | Facel II | Rivolta IR 300 | Sebring |
| Moteur | 12 cyl. en V | 6 cyl. en ligne | 8 cyl. en V | 8 cyl. en V | 6 cyl. en ligne |
| Cylindrée | 3 953 cm³ | 3 760 cm³ | 6 286cm³ | 5 354 cm³ | 3 485 cm³ |
| Distribution | 2 x 1 ACT | 2 ACT | 1 AC Central | 1 AC Central | 2 ACT |
| Alimentation | 3 carbus | 2 carbus | 1 ou 2 carbus | 1 carbu 4 corps | injection mecan. |
| Puissance (SAE) | 260 ch | 267 ch | 455 or 390 ch | 304 ch | 260 ch |
| Boite | 4 + overdrive | 4 mecan. | 4 mecan. ou 3 autom. | 4 mecan | 55 mecan. |
| Longueur | 4,700 m | 4,750 m | 4,750 m | 4,760 m | 4,470 m |
| Poids a vide | 1 450 kg | 1 350 kg | 1 650 kg | 1 520 kg | 1 350 kg |
| Vitesse maxi. | 230 km/h | 220 km/h | 240 km/h | 210 km/h | 230 km/h |
| Prix a l'époque | 71 500 F | 67 000 F | 54 000 F | 67 000 F | 68 000 F |
|
|
Le chrome et l’aluminium ont
disparu, vive le cuir et le plastique noirs ! Pour s’être
ralliée à
la mode de son temps, la Ferrari 412 n’en présente pas moins un vrai
bond dans la modernité, avec des équipements et un châssis vraiment
dignes de son rang. |
Race mutante
Finalement, les plus controversées de nos Ferrari à 4 places, ce
pourrait bien être elles ... Loin des galbes évocateurs et des
rondeurs sensuelles, les 400 et 412 se rallient aveuglément au règne
sans partage des lignes tendues en vogue dans les années 70.
Pininfarina n’a cependant pas versé dans l’excès, à la façon d’un Giugiaro, par exemple. Au contraire, ces grands coupés ont gardé le
sens de la mesure et leurs proportions parfaites ont magnifié ces
formes tirées au cordeau. Au point qu’aujourd’hui encore, on les
contemple avec le même plaisir qu’il y a vingt-cinq ou trente ans. A
l’intérieur, on sent poindre également le diktat de la fameuse
“qualité perçue”: tout ce qui paraissait précédemment si fin et
délicat a pris de l’embonpoint, depuis la massive planche de bord
jusqu’à la domination généralisée du noir et des matières
plastiques. Autre signe des temps, la direction assistée et la
climatisation font désormais partie du voyage. Plus cossues, plus
bourgeoises aussi, ces Ferrari des beaux quartiers ont bénéficié
également de quelques cours de maintien. Le chant du V12 désormais à
4 ACT reste ainsi perceptible, mais il ne vient plus troubler les
conversations à l’intérieur de l’habitacle. Toute la mécanique
semble d’ailleurs plus distante et plus efficace, notamment grâce à
des trains roulants vraiment modernes. Détail curieux, la direction
assistée semble réagir avec retard par rapport au volant, donnant
une sensation bizarrement pâteuse à l’ensemble, sans pourtant nuire
à sa précision ...
Alors, vraie Ferrari ou fausse illusion? Entre la première 365 GT/4
2+2 et la dernière 412, dix-sept années se sont écoulées, ce qui
donne à cette génération le record absolu de longévité toutes
catégories dans les annales de Maranello. Bel hommage du temps
envers une série si souvent décrié pour son style trop “discret” et
ses manières trop édulcorées.
LA FERRARI 456 GT ET SES CONCURRENTES EN 1996
| Marque | FERRARI | ASTON MARTIN | ASTON MARTIN | BMW | CADILLAC | MASERATI |
| Modèle | 456 GT | DB 7 | V8 Coupé | 850 CSi | Eldorado TC | S 6oo (CL) |
| Moteur | 12 cyl. en V | 6 cyl. en ligne | 8 cyl. en V | 12 cyl. en V | 8 cyl. en V | 12 cyl. en V |
| Cylindrée | 5 474 cm³ | 3 239 cm³ | 5 341 cm³ | 5 576 cm³ | 4 565 cm³ | 5 987 cm³ |
| Distribution | 2X2ACT48S. | 2 ACT 24 S. | 2X2 ACT 32S. | 2X1 ACT 24S. | 2X2 ACT 32S. | 2 X 2 ACT 48 S. |
| Alimentation | injection électr. | injection électr. | injection électr. | injection électr. | injection électr. | injection électr. |
| Puissance (DIN) | 442 ch | 340 /317 ch | 350 ch | 381 ch | 305 ch | 394 ch |
| Couple (DIN) | 55 mkg | 49,9 / 46,6 mkg | 48,4 mkg | 56,1 mkg | 408 mkg | 58,1 mkg |
| Boîte | 6 méc. / 4 aut. | 5 méc. / 3 aut. | 6 méc. / 4 aut. | 5 autom. | 4 autom. | 5 autom. |
| Longueur | 4,730 m | 4,645 m | 4,745 m | 4,780 m | 5,135 m | 5,065 m |
| Poids à vide | 1 850 kg | 1 850 kg | 1 990 kg | 1 865 kg | 1 730 kg | 2 240 kg |
| Vitesse maxi | 300 km/h | 264 / 258 km/h | 250 km/h limitée | 250 km/h limitée | 241 km/h | 250 km/h limitée |
| Prix à l’époque | 1 300 000 F | 727 100 F | 1 250 000 F | 770 000 F | 444 350 F | 905 000 F |
ÉVOLUTION DES FERRARI “4 PLACES” DE 1960 À NOS JOURS
| Modèles | 250 GTE | 330 America | 330 GT | 365 GT 2+2 | 365 GT/4 2+2 |
400 | 400i | 412 |
456GT 456 GTA |
M456GT M456GTA |
| Années | 1960-1964 | 1963-1964 | 1963-1967 | 1968-1971 | 1972-1976 | 1976-1979 | 1980-1984 | 1985-1989 | 1994-1998 | 1998- |
| Production | 955 | 50 | 1 080 | 801 | 525 | 502 | 1 306 | 539 | 1 417 | en cours |
| Moteur | V12 avant | V12 avant | V12 avant | V12 avant | V12 avant | V12 avant | V12 avant | V12 avant | V12 avant | V12 avant |
| Cylindrée | 2 953 cm³ | 3967 cm³ | 3967 cm³ | 4 390 cm³ | 4 390 cm³ | 4 823 cm³ | 823 cm³ | 4 942 cm³ | 5 474 cm³ | 5 474 cm³ |
| Distribution | 1 X 1 ACT | 2 X 1 ACT | 2 X 1 ACT | 2 X 2 ACT | 2 X 2 ACT | 2 X 2 ACT | 2 X 2 ACT | 2 X 2 ACT | 2 X 2 ACT 48 s. | 2 X 2 ACT 48 s. |
| Alimentation | 3 carbus | 3 carbus | 3 carbus | 3 carbus | 6 carbus | 6 carbus | K-Jetronic | K-Jetronic | K-Jetronic | K-Jetronic |
| Puissance (DIN) | 240 ch | 300 ch | 300 ch | 320 ch | 340 ch | 310 ch | 310 ch | 340 ch | 442 ch | 442 ch |
| Couple (DIN) | 25,5 mkg | 33,2 mkg | 33,2 mkg | 37 mkg | 43 mkg | 48 mkg | 48 mkg | 46 mkg | 55 mkg | 55 mkg |
| Boîte | 4 + overdrive | 4 + overdrive | 4 + overdrive 5 mécan. |
5 mécan. | 5 mécan. | 5 mécan. ou 3 autom. |
5 mécan. ou 3 autom. |
5 mécan. ou 3 autom. |
6 mécan. ou 4 autom. |
6 mécan. ou 4 autom. |
| Longueur | 4,700 m | 4,700 m | 4,840 m | 4,980 m | 4,810 m | 4,810 m | 4,810 m | 4,810 m | 4,765 m | 4,765 m |
| Vitesse maxi | 1 450 kg | 1 450 kg | 1 380 kg | 1 480 kg | 1 500 kg | 1 700 kg | 1 830 kg | 1 810 kg | 1 850 kg | 1 790 kg |
| Poids à vide | 230 km/h | 240 km/h | 245 km/h | 245 km/h | 240 km/h | 245 km/h | 245 km/h | 255 km/h | 300 km/h | 300 km/h |
... Les grands coupés 400 et 412 ont gardé le sens de ta mesure, et leurs proportions parfaites ont magnifié ces formes tirées au cordeau.

A bord de la 456 GT, on mesure
tout
le chemin parcouru chez Ferrari
entre l’héroïque période artisanale
et l’impérieuse nécessité d’atteindre
l’excellence pour garantir sa survie
à l’aube du troisième millénaire.
De fait, cette nouvelle génération
a su placer d’emblée les débats
à une altitude très respectable.
![]() Méfiez.-vous de l’eau qui dort: ce subtil mélange d’agressivité contenue et de discrétion est capable de vous déposer un 0 à 100 km/h en 5 secondes, malgré ses 1800 kg sur la balance. |
100% pur sang
La longue carrière du précédent modèle — il est vrai accommodé à
plusieurs sauces—semblait avoir plongé les amateurs de Ferrari 2+2
dans une infinie torpeur, ce qui a laissé le temps à la firme de
préparer l’entrée en scène de sa remplaçante. De fait, la
“révolution” accompagnant l’apparition de la 456 GT n’est pas un
vain mot ... Avec elle a sonné l’heure de la réconciliation entre la
beauté, le raffinement, la qualité, et l’exclusivité des
performances. Relativement inspirée de la mythique Daytona, la 456
GT apparaît comme une œuvre magistrale, et non plus un contestable
compromis. Des effluves de cuir qui émanent de son habitacle jusqu’à
l’harmonie des matériaux qui l’habillent, l’amateur ne peut être
qu’admiratif. Pour la rendre encore plus indiscutable, Ferrari est
allé puiser parmi les meilleurs morceaux de son riche patrimoine.
Avec un châssis tubulaire et une carrosserie réalisée en aluminium,
les 442 chevaux de son moteur V12 expédient le
1 000 D.A. en moins de
24 secondes et permettent d’accrocher tranquillement la barrière
symbolique des 300 km/h. L’homogénéité et l’équilibre du 300 comportement de cette Ferrari des temps modernes constituent enfin
le plus bel hommage au savoir-faire de ses ingénieurs qui sont
parvenus à renouveler le genre du coupé GT 2+2 de façon magistrale.
La toute récente 456 GT vient apporter ses lettres de noblesse à
cette catégorie souvent marginalisée en rejoignant la liste des
grands classiques. Un rôle auquel prétend la nouvelle 612
Scaglietti, venue démontrer que le passé a décidément beaucoup
d’avenir chez Ferrari ...
Technique
Ferrari “familiales” 1960-2005
La Ferrari universelle?
|
POUR EN SAVOIR PLUS
|
Entre d’intouchables modèles sportifs tôt entrés dans la légende et d’autres plus abordables à moteur V8, les Ferrari 2+2 semblent constituer le bon compromis pour l’amateur qui désire passer du rêve à la réalité tout en restant fidèle au mythe du V12. Revers de la médaille, ces “vraies Ferrari” bénéficient de tout le savoir-faire de Maranello, mais réclament en contrepartie tous les soins dus à leur rang ...

La fiabilité et la durabilité de ce moteur de Ferrari 456 GT
dépendront du niveau de competence de votre mécanicien, mais également de ta
qualité des pieces et des produits utilisés. Dans us cas comme dans l'autre, le
meilleur n'est jamais bon marché.
CHÂSSIS CARROSSERIE
Entre une Ferrari âgée de 10 ans et une autre vieille de 40
ans, il est évident que les problèmes sont de natures très diverses.
En résumé, on rappellera que les coupés 2+2 sont construits en acier
sur un châssis tubulaire (en acier, toujours) jusqu’en 1994.
Ensuite, les pièces de carrosserie seront rapportées en aluminium.
Une constante demeure: les voitures plus ou moins “rafraichies” pour
la vente sont légion. Il est donc essentiel de vous faire
accompagner par un spécialiste de la marque au moment de l’achat, et
de ne guère attacher d’importance aux kilométrages annoncés. A ce
titre, il faut garder en mémoire qu’une réfection totale de la
carrosserie, entreprise dans les règles de l’art, peut vite
atteindre la cote de la voiture. Si les méthodes de maquillage sont
les mêmes pour toutes les voitures, les conséquences n’ont pas la
même portée financière ...
MOTEUR
Moyennant un entretien sérieux, les V12 Ferrari résistent nettement
mieux que ne le prétend la croyance populaire.
Pour les générations les plus anciennes, les moteurs à 2 ACT (un par
rangée de cylindres) de la génération Columbo tiennent environ 100 000 km avant d’exiger une réfection sérieuse. Heureusement, la
fiabilité et la robustesse s’améliorent avec les années, et les
modèles à “arbres” (2 ACT par rangée) peuvent atteindre 150 000 à
200 000 km avant de nécessiter une cure de jouvence. Attention: une
réfection moteur digne de ce nom oscille entre 20 000 et 40 000 €.
Ce qui signifie en d’autres termes que tous les travaux supposés
effectués doivent être accompagnés d’une facture confirmant leur
réalité. Détail important: les moteurs à ACT sont la plupart du temps compatibles avec l’essence sans
plomb, surtout à partir des années So. Pensez-y, car la conversion
représente à elle seule un Sérieux investissement
... Sur les voitures les plus anciennes, nombre de pièces sont devenues introuvables ...
| Malgré sa complexité, un moteur V12 Ferrari à 4 arbres à cames en tète bien entretenu peut fort bien atteindre 150 000 a 200 000 km avant de montrer ses premiers signes de faiblesse. | Cet ensemble motopropulseur de Ferrari 250 GTE illustre bien tout le problème des modèles les plus anciens : faute d'approvisionnement régulier en pièces détachées, le prix de revient des refabrications n'est pas des plus compétitifs. |
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CARNET D'ADDRESSES CLUBS SPÉCIALISTES |
TRANSMISSION
Là encore, il convient de différencier les modèles anciens des plus
récents, dont les transmissions sont de plus en plus complexes.
L’inégalité est également de mise entre les boîtes manuelles et
automatiques, sachant que les premières sont vraiment très
solides,,. Sur les voitures les plus anciennes nombre de pièces sont
devenues introuvables, et la fréquentation d’un spécialiste sérieux
permet de bénéficier de séries en refabrication. Sinon, pignons et
synchros peuvent être refabriqués à la demande, mais la facture
finale s’en ressentira forcément. En ce qui concerne réputation sulfureuse de la boîte GM 400 montée sur les 400 et 400i,
elle est justifiée dans le sens où cette transmission déteste les
hauts régimes, qui finissent par entraîner sa casse à plus ou moins
long terme. Pour la remettre en état, il faut alors compter de 6
000
à
10 000 €. Enfin, les ponts Sont robustes, mais un bruit anormal,
notamment sur un autobloquant, doit vous alerter. Si les dégâts
concernent le couple conique, il est Possible de refabriquer les
pièces, au pire.
TRAINS ROULANTS
Les trains roulants ne posent guère de problèmes, mais la complexité
des plus modernes occasionne parfois quelques difficultés.
La pénurie concerne surtout les amortisseurs, notamment ceux à
correcteurs hydrauliques des 412. Certaines dimensions de pneus se
méritent également, comme les TRX ou les montes en 15 pouces. A ce
sujet, il est bon de rendre hommage aux efforts du manufacturier
Michelin, qui est l’un des rares à rester à l’écoute des
professionnels et des usagers de l’automobile ancienne. En ce qui
concerne les freins — il vaut mieux parler de “ralentisseurs”—,
certaines pièces sont introuvables, notamment pour les références
les plus anciennes. Pour la remise en état de freins usés ou
longuement immobilisés, prévoyez un budget de
5 000
à 7 000 €.
SELLERIE/ ACCESSOIRES
Vu l’absence de filière organisée pour les pièces détachées — mais le constructeur pourrait bientôt combler cette lacune—, il va
sans dire que l’achat d’un exemplaire incomplet vous réservera de
nombreuses et couteuses surprises, si vous aimez l’aventure
...
Interrupteurs, joncs décoratifs, clignotants, feux, montres,
compteurs et manos représentent autant de casse-tête quand ils ne
sont plus que d’agréables souvenirs.
COMBIEN?
Vous trouverez ci-dessous des fourchettes de prix représentatives du
marché. Elles illustrent le fossé qui existe entre une voiture
simplement présentable et un exemplaire parfaitement restauré,
factures à l’appui. Elles confirment également le caractère exclusif
de ces modèles et l’importance des sommes nécessaires pour les
remettre sérieusement en état.

|
MODÈLES |
ANNÉES | COTE (FOURCHETTE) |
![]() |
| 250 GTE Coupe 2+2 | 1960-63 | 40 000 à100 000 € | |
| 330 GT 2+2(4 phares) | 1964-65 | 40 000 à100 000 € | |
| 330 GT 2+2(2 phares) | 1966-67 | 40 000 à100 000 € | |
| 365 GT2+2 | 1967-71 | 20 000 à 50 0000 € | |
| 365 GT/4 2+2 | 1972-76 | 10 000 à 25 000 € | |
| 400 Automatic | 1977-79 | 10 000 à 25 000 € | |
| 400 GT | 1977-79 | 10 000 à 25 000 € | |
| 400i Automatic | 1980-84 | 10 000 à 25 000 € | |
| 400i GT | 1980-84 | 10 000 à 25 000 € | |
| 412 Automatic | 1985-90 | 20 000 à 40 000 € | |
| 412 GT | 1985-90 | 20 000 à 40 000 € | |
| Ferrari 456 GT (et M) | 1994-04 | 60 000 à 75 000 € |

... Les voitures plus ou moins rafraîchies pour la vente sont légion.
...
Au fil des ans
45 ans de Ferrari 2+2
La vie de famille
25 juin 1960: le départ des 24 Heures du
Mans est donné. Cette édition verra la victoire finale de l’équipage
Gendebien/Frère sur Ferrari 250 Testa Rossa. L’Automobile Club de l’Ouest reçoit
pour l’occasion un coupé quatre places d’une élégance inédite et intronisée
voiture de Direction de Course. Le Cavallino orne sa calandre, tandis qu’un
double F (comme “Ferrari familiale” ?...) est apposé sur les ailes avant.
L’objectif de diffusion est évalué 150 exemplaires. 955 seront finalement
construits. Affaire à suivre ...
|
|
Cet angle met en évidence l’une des particularités des 250 GTE première version: Les trois petits feux arrière sur platine chromée céderont bientôt leur place à des éléments monoblocs. |
... En élargissant ainsi sa gamme, le Commendatore espère bien séduire une nouvelle clientèle qui lui apportera les subsides nécessaires pour se maintenir au sommet de la compétition. ...
Peut-on rêver plus beau lancement?
Présenter un modèle investi d’une telle mission — créer une ligne de
coupés 4 places racés — en prélude d’une course mythique au terme de
laquelle les pur-sang de la même marque, animés par le même V12 3
litres, vont rafler les deux premières places au général et les
quatre premières au classement GT, est assurément une opération
réussie.
Voilà une douzaine d’années que les bolides frappés du Cavallino
construisent la légende en glanant les victoires. Le Commendatore
peut être fier de son parcours de constructeur, mais il rêve
désormais de chiffres de production conséquents, surtout parce qu’il
lui faut dégager toujours plus de moyens pour se maintenir au sommet
de la compétition automobile. En élargissant ainsi sa gamme, il
espère bien séduire une nouvelle clientèle qui lui apportera les
subsides nécessaires. Le véhicule présenté au Mans est le troisième
prototype de celle qui s’appellera bientôt “250 GTE 2+2”, 250
désignant la cylindrée unitaire de son V12 3 litres de 240 chevaux.
Du sur mesure au prêt-à-porter
Avec la 250 GT 2+2 démarre la production en série des modèles 4
places, produits jusque-là au compte-gouttes et généralement sur
commande. Par rapport au prototype, la 250 GTE de série reçoit des
répétiteurs de clignotants de forme effilée, ainsi que des ouïes
d’ailes avant sur tôle rapportée et des amortisseurs télescopiques.
La seconde version de la Ferrari 250 GTE est présentée au Salon de
Genève 1963. Ses optiques antibrouillard quittent désormais les
commissures de la calandre pour se loger sous les phares, lesquels
en profitent pour retrouver un cerclage chromé, comme sur te premier prototype. Les ailes arrière se terminent en adoptant une pente
légèrement plus verticale, soulignée par des feux devenus monoblocs,
tandis que la suspension arrière utilise désormais des ressorts
hélicoïdaux. Les roues Borrani sont plus larges et les nouvelles
culasses permettent d’augmenter taux de compression et taille des
soupapes. Enfin, l’habitacle profite de nouveaux sièges et de deux
bouches de ventilation ornant le tableau de bord.
A l’automne 1963, la GTE disparait du programme de production, après
avoir été diffusée à 955 exemplaires. Elle est provisoirement
remplacée par la 330 America, éphémère version intermédiaire
conservant intégralement la carrosserie de la 250 GTE, mais
désormais propulsée par le V12 4 litres de la future 330 GT. Il n’en
sera produit que 49 exemplaires.
![]() |
Ci-dessus, même en 2+2, l’intérieur d’une 330 GT est encore celui d’une voiture de sport, et ses passagers arrière auront du mal à la confondre avec une limousine. Ci-contre, en 1964, la 330 GT s’américanise et devient plus trapue, avec une calandre à quatre phares, un arrière plus massif et un profit modifié.
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![]() EN MARGE DE LA SÉRIE Outre de nombreuses 400i “décapsulées” et la curieuse découvrable
bicorps 365 GT 4 2+2 “Fly Studio Modena”, seules deux carrosseries
hors série sont connues pour les Ferrari 4 places. Exposée au Salon
de Turin 1968, une 330 GT se voit ainsi retraitée en coupé-break
trois portes par Vignale (voir Rétroviseur n° loi). L’opération
ayant été effectuée sans le consentement du Commendatore, les
écussons de la marque et les sigles seront finalement retirés de la
carrosserie, le patron de Maranello ayant opposé son veto, Ferrari
ne pouvant prêter son patronyme à un “utilitaire”, même pour des
livraisons “express” ... Au même salon, douze ans plus tard,
Pininfarina présente la Ferrari Pinin, première et unique Ferrari
traitée en berline à quatre portes. Cette |
4 phares, 4 places, 4 litres ...
La nouvelle 330 GT est dévoilée le ii janvier 1964. Sur un
empattement de 2,65 m (5 cm de plus que celui de la 250 GTE), ce
coupé 4 places au style assez massif reçoit quatre phares groupés
deux par deux, une concession à la mode qui ne fera pas l’unanimité.
L’habitabilité s’en sort bien, notamment à l’arrière, et le luxe
également, avec de nouveaux sièges avant signés Reutter. Le plaisir
de conduite est lui aussi au rendez-vous, les 300 ch disponibles
sous le pied droit permettant d’atteindre la respectable vitesse de
245 km/h, selon la fiche technique, soit 20 km/h de plus que la 250
GTE.
La seconde version de la 330 GT arrive dès 1965 pour réconcilier
tout le monde, Pininfarina a rendu la face avant plus souriante,
grâce à deux optiques simples assortis de feux oblongs. Le
pare-chocs avant s’orne de butoirs et les ouïes d’ailes avant sont
simplifiées. Les roues standard passent à l’alliage léger ajouré,
mais les jantes à rayons Borrani subsistent en option.
Côté transmission, l’ancienne boîte à quatre rapports et overdrive à
débrayage automatique cède la place à une boîte à cinq rapports.
Enfin, direction assistée et climatisation sont désormais
disponibles sur demande, ce qui traduit un embourgeoisement certain
de cette lignée. Il est vrai que Ferrari doit aussi songer aux
attentes de ses clients américains qui représentent une cible
importante pour sa série “familiale”.
La carrière de la 330 GT s’arrête à l’automne 1967, après une
production de 1 085 exemplaires. Ce modèle a donc su conforter
Ferrari sur le marché des 2+2, résistant autant aux assauts de la
nouvelle Lamborghini 400 GT, de l’Aston Martin DB6, que de la
Maserati Sebring. Sa vocation familiale a même été soulignée par un
essai comparatif sur le trajet Paris-Nice, dans l’Automobile
Magazine de mars 1965. Son adversaire? Une 2 CV Citroën, choisie il
est vrai dans sa luxueuse version AZAM ...
![]() La finesse est de retour en 1967, avec cette nouvelle 365 GT 2+2, dont le moteur 4,4 litres ne possède toujours “que” deux arbres à cames en tête. Délicates attentions, direction assistée et climatisation font désormais partie du voyage ... |
Intemporelle
La formule du coupé 4 places a
dépassé la production
des autres modèles Ferrari, lorsque la 365 GT apparaît en octobre
1967. Son nouveau V12 4,4 litres offre encore plus de puissance, avec 320 ch
au banc, tandis que le confort fait également l’objet de quelques
attentions, avec une suspension arrière indépendante à correcteur
d’assiette oléopneumatique. Direction assistée et climatisation se
généralisent sur cette version plus raffinée, mais tout aussi rapide
que ses devancières. Un cocktail aussi tonique que reposant qui
séduira 800 acheteurs jusqu’en 1971, avec pour seule modification
l’adoption des jantes alliage à cinq branches de la Daytona courant
1969.
Si elle cède ses ateliers de montage à la 365 GTC, la 365 GT 2+2 ne
sera curieusement remplacée qu’un an et demi plus tard, en octobre
1972, par la 365 GT4 2+2. La cylindrée reste la même, mais respire
maintenant grâce à 4 arbres à cames en tête. Le généreux
porte-à-faux arrière disparait au profit d’un empattement allongé
(2,70 m). L’habitabilité en sort gagnante, sous une robe
ultra-classique et intemporelle signée Pininfarina. Tellement
intemporelle qu’elle tiendra près de vingt ans sans connaitre
d’évolutions significatives.
C’est peut-être la première fois qu’une Ferrari ne ressemble pas à
une Ferrari, du moins à l’idée que l’on s’en fait
! En octobre 1976,
après 525 exemplaires produits, la 365 GT4 2+2 devient “400”, par
augmentation de sa cylindrée.
PANIER À SALADE ...
En 1962, la police romaine
a beaucoup de mal à faire
respecter les nouvelles
limitations de vitesse. Aussi,
afin d’intercepter les
contrevenants, la Police
Stradale se voit dotée de deux
Ferrari 250 GTE 2+2 noires
équipées de gyrophares,
d’une radio et d’inscriptions
latérales “squadra mobile”.
Le jour même de son entrée en
service, l’une des deux GTE
prend en chasse une voiture en excès de vitesse sur
l’autostrada desservant ’agglomération romaine.
La chaussée est humide,
et l’officier perd le contrôle
de sa voiture qui est
détruite dans l’accident !
La seconde GTE est remisée, jusqu’à ce qu’Armando
Spatafora jette sur elle son
dévolu. Cet homme s’était
fait un nom au sein de la
brigade criminelle, en abattant
une quinzaine de “banditi”. Ce dynamique Columbo
local préfère sans doute la
Ferrari au cabriolet 403,
au point de conserver la
Ferrari 250 GTE en exclusivité
comme voiture de service.
Les poursuites mémorables
de cette équipe de choc feront
le bonheur de la presse
jusqu’en 1969. Aujourd’hui,
ce panier à salade hors
du commun coule une
retraite paisible dans une
collection italienne.

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L’AUTRE Depuis octobre 1973, les coupés V12 2+2 ne représentent plus
l’unique alternative pour se déplacer à quatre en Ferrari. Une
seconde lignée de “familiales” voit ainsi le jour cette année-là,
mais sous le patronyme Dino. La 308 GT 4 représente une formule
inédite chez Ferrari : quatre places et V8 central, sous une robe
signée Bertone. Le 3 litres à 4 ACT offre 255 ch, de belles
performances et un comportement exemplaire, tandis que la 208 GT 4
se contente d’un 2 litres de 155 ch pour échapper à l’écrasante
fiscalité italienne sur les cylindrées supérieures. 2 826 308 GT 4
verront ainsi le jour, ainsi que 840 208 GT 4. En mars 1980, la 308
cède sa place à la Mondial 8, confiée cette fois à Pininfarina. Son
empattement accru de 10 cm profite à l’habitabilité, mais les 214 ch
— injection oblige—, Sont notoirement insuffisants. 703
exemplaires
plus tard, la Quattrovalvole propose 240 ch, dès l’été 1982, avec
même une version cabriolet à partir de 1984. 1 145 coupés et 629
cabriolets Mondial 3 litres Sortent des usines de Modène. 1985
consacre une augmentation de la cylindrée — 3,2 1 pour 270 ch
—, ce qui permet d’écouler ainsi 987 coupés et 810 cabriolets
supplémentaires sous le nom de Mondial 3.2. Enfin, la Mondial T représente
l’ultime version de la lignée, à partir de mars 1989 (moteur longitudinal
et boîte transversale). Après la diffusion de 840 coupés et 1010 cabriolets, elle sonne le glas de cette autre
formule “familiale” dans la gamme Ferrari. |
Tout dans la boîte ...
La révolution qu’introduit la Ferrari 400 se résume à sa boîte
automatique GM 400 livrée en série ! Un comble pour une Ferrari mais,
passé le moment de stupeur, l’alliance avec le V12 n’apparaît pas si
incongrue. Jaguar a déjà prouvé le succès de la formule. Les
irréductibles peuvent toutefois exiger leur boîte manuelle à cinq
rapports, en option. La 400 Automatic devient alors 400 GT.
Accompagnant ce changement de désignation, quelques détails
permettent d’identifier la nouvelle série : le pare-chocs avant
intègre un spoiler, les feux arrière ronds sont réduits à quatre au
lieu de six et les roues sont désormais fixées par cinq vis.
Nous sommes en septembre 1979 et 501 exemplaires — dont 147 GT — ont déjà été produits, lorsque la 400 devient 400i
en troquant ses carburateurs contre une injection Bosch K-Jetronic,
en perdant pas moins de 30 chevaux dans l’opération ... Cinq d’entre
eux seront récupérés en octobre 1982, simultanément à l’adoption des
pneus Michelin TRX. Panneau arrière et grille de capot adoptent la
couleur de la caisse et la sellerie est désormais réalisée en cuir
plissé, avant un retour au cuir classique dès l’année suivante. Au
terme d’une production de 1 294 exemplaires — dont 421 en boîte
mécanique — la 400 devient 412 en mars 1985. Signe des temps, l’ABS
fait maintenant partie du programme ... De l’extérieur, la nouvelle
412 présente une ligne de coffre légèrement rehaussée et ses
pare-chocs adoptent eux aussi la teinte de la caisse. Sous le capot,
le V12 délivre 340 ch (325 en version catalysée), soit autant que la
première 400 à carburateurs. Cette ultime version sera produite à
591 exemplaires.
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Pas assez Ferrari aux yeux de certains, le style apparu en 1972 sur la 365 GT/4 2+2 tiendra pourtant près de vingt ans sans évolution majeure, un record absolu pour son constructeur ... |
... La grande évolution arrive en 1992
: cette année-là, Ferrari présente au Salon de Paris sa superbe 456,
dont les lignes évoquent avec talent celles de la Daytona. ...
456 GT: 300 km/h sinon rien !
La grande évolution arrive en 1992 : cette année-là, Ferrari
présente au Salon de Paris sa superbe 456, dont les lignes évoquent
avec talent celles de la Daytona. Les performances font un bond en
avant: les 300 km/h sont dépassés, grâce aux 442 ch du V12 à quatre
soupapes par cylindre porté à 5,5 litres et associé à une boîte à
six rapports. C’est la première fois dans l’histoire qu’une voiture
à 4 places promet une telle vitesse de pointe.
Une fois de plus, Ferrari reprend l’avantage et fixe la norme. La
concurrence suivra, mais avec retard. Dans l’intervalle, la 456 GT
pourra tranquillement tracer sa route sans craindre d’être rejointe.
Une boîte auto, moins convaincante, est également proposée sur ce
modèle, tandis que la qualité de finition connait des progrès
significatifs. Plus courte et plus large que sa devancière, la 456
combat également les kilos superflus par l’emploi généralisé
d’alliage léger et de fibre de carbone. Maniabilité et sportivité
trouvent ainsi leur compte, tandis que l’habitabilité régresse
légèrement.
En 1998 apparaît la 456 M (Modificata) qui se distingue par un capot
et un pare-chocs avant modifiés, ce qui lui permet de poursuivre sa
carrière jusqu’en 2004, pour céder sa place à la sculpturale 612
Scaglietti, ainsi nommée en hommage au carrossier qui a habillé les
plus célèbres châssis de la marque. Si la poupe de la 456 fait
référence à la Daytona, c’est dans les flancs de la célèbre 375 MM
spécialement carrossée pour Ingrid Bergman en 1955 que la 612
Scaglietti puise son inspiration. L’empattement s’accroît de
30 cm par
rapport à la 456, mais sans avantage pour l’habitabilité. Les
performances sont en revanche de premier ordre:
0 à 100 km/h en 4,2 secondes et 320 km/h en pointe!
Très honnête pour une “familiale”! Le V12 de 540 ch est accouplé à
une classique boîte à six rapports ou à commande robotisée dite
“F1”. L’appellation traditionnelle n’est plus de mise pour cette
série animée par un V12 de 5.75 l (ce qui aurait donné “480”, selon la
nomenclature chère à la firme). On lui a préféré un matricule qui
signifie “6 litres, 12 cylindres”, en “trichant” de quelque 250 cm³
Tout évolue donc, même chez Ferrari, mais la formule 2+2 V12 à
moteur avant demeure toujours d’actualité, du haut de ses 45 ans.
Six générations l’ont façonnée patiemment, renouvelant chaque fois
la recette tout en s’inscrivant dans la continuité. Une vraie vie de
famille ...
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N’en déplaise aux amateurs de sportives
pures et dures, la 400 reprend, à partir de 1976, le thème de sa
devancière, avec des phares rétractables. En 1979, le passage à
l’injection lui fait perdre 30 chevaux; aurait-on perdu la foi chez
Ferrari? Ce coupé chic des beaux quartiers
fait de louables efforts pour se rendre accueillant à l’avant et |
TEXTE: PIERRE MOULIN - PHOTOS : ARCHIVES RÉTROVISEUR
Témoins
La Ferrari des copains
Si la pratique d’une Ferrari ancienne favorise souvent
les
rencontres, celle d’une version 2+2 permet théoriquement de
convertir trois fois plus de passagers aux vertus du grand tourisme
à l’italienne. Pourtant, les amateurs de Ferrari 2+2 gardent les
pieds sur terre et goûtent sereinement les charmes de ces
authentiques GT, tout simplement ...

| "Les
montées en régime du V12, renvoyées par les murs d’une rue ou d’un
tunnel, c’est presque les 24 Heures du Mans des années 6o ..." ERIC MORTIER |
MARQUÉ À JAMAIS
MIchel Guivarc’h a l’honneur de notre premier témoignage, parce
qu’il évoque l’une des premières 250 GTE à avoir roulé sur les
routes françaises : “Au début des années 60, un de mes meilleurs
souvenirs de jeunesse reste un essai de Ferrari 250 GTE, que le
représentant parisien de Ferrari était venu présentera un futur
client. Je n’étais que passager, car je n’avais pas encore l’âge du
permis. Comme nous habitions près du garage de monsieur Thévenet,
un ami de mon père spécialisé dans le commerce et l’entretien des
voitures de sport à Brest, j’avais régulièrement l’occasion de
pratiquer AC-Bristol, Jaguar et autres modèles de rêve. Ce galop
d’essai en Ferrari, 200 km/h sur une route bretonne déserte, m’a
marqué à jamais.”
UN RÊVE GRANDEUR NATURE
Passionné de miniatures, Eric Mortier n’a pourtant pas hésité à
s’offrir deux Ferrari à l’échelle 1: “J’ai acheté mon premier numéro
de l’Automobile en juin 1968, avant d’assister un soir aux essais
des 24 Heures. J’y ai lu et relu un super essai de la Ferrari 365
GT 2+2 ainsi qu’un dossier sur les V12, que j’ai conservés. Alors,
justement, les montées en régime du V12, renvoyées parles murs d’une
rue ou d’un tunnel, c’est presque les 24 Heures du Mans des années
60 ... Ajoutez à cela un style et une ambiance intérieure de voiture
ancienne de luxe, même si on est encore loin de la finition d’une
Aston Martin contemporaine, et c’est le bonheur absolu! Voilà
pourquoi une Ferrari 365 GT2+2 est venue rejoindre ma 308 GTS
immatriculée le jour de mes 30 ans.”
GRANDS CRUS HISTORIQUES
Pascal Massin a de la chance ... En effet, il possède pas moins de
deux Ferrari, dont il profite régulièrement: “La plus ancienne est une 250 GTE
de 1963, entièrement restaurée en deux ans et demi. Le chant de son
moteur au-delà des 4 000 tr/mn Justifie tous les sacrifices ... Et
dans cette version 2+2, nous pouvons en profiter en famille sans
arrière- pensée, puisque ses sœurs plus sportives sont devenues
totalement inabordables, Mon autre Ferrari est une 456 GT de 1995
achetée l’an passé, sublime équilibre esthétique et mécanique.”

POUR NE PAS SE
TROMPER
La 250 GTE de Bernard Faucher est actuellement en restauration, mais
cela ne l’empêche pas de procéder à quelques mises au point:
“La Ferrari 250 GTE n’a rien à voir avec les outres familiales de la
marque, puisqu’elle a été produite en même temps que les 250 de
compétition. Et croyez-moi, la GTE est plus 250 que familiale! A cet
effet, il serait temps que cesse l’éternelle comparaison avec le
coupé 404. Pour avoir eu les deux dans mon garage, je peux vous
affirmer ne leur avoir trouvé aucun point commun ...”
“Ma Ferrari est noire et identique aux voitures utilisées dès 1962 par la Polizia Stradale italienne pour le contrôle des autoroutes." Jacques Deneef

LA DOYENNE
La Ferrari 250 GTE 2+2 de Jacques Deneef doit être la plus ancienne
de Belgique,
puisqu’elle date de 1961: “Ma Ferrari a été achetée neuve par la
direction générale de Pirelli, à Milan. Elle est noire et identique
aux voitures utilisées dès 1962 par la Polizia Stradale italienne
pour le contrôle des autoroutes. Produite à plus de 1 000
exemplaires, c’est elle qui a permis à Ferrari de passer du statut
d’artisan à celui de constructeur.”
SUITE LOGIQUE
Après 30 000 kilomètres parcourus en Ferrari 412 GT, Marie Capitano
est naturellement passé à la 456 GT: “Malgré six années d’écart sur
le papier, la modernité et l’efficacité de la 456 GT creusent
l’écart avec le châssis de la 412 GT, hérité des premières 365 GT4
2+2 de 1973. Après 10 000 kilomètres parcourus sans le moindre souci,
ce sont surtout la qualité de finition et le souffle inépuisable du
V12 de 442 chevaux qui font de la 456 GT une voiture exceptionnelle.
Payée moins de 6o 000 € avec 41 000 km, alors qu’elle valait neuve
près de 200 000 €, elle présente un excellent rapport
plaisir/investissement.
Evidemment, pour cela, il faut s’adresser à des gens compétents
travaillant à des prix abordables, ce qui existe en dehors du réseau
Ferrari.”
L’AMOUR, TOUJOURS ...
L, expérience de Patrick Grumillier se termine bien, malgré quelques
surprises inattendues:
“Ma « diva », achetée 190 000 F, a nécessité quelques travaux
importants embrayage, climatisation, changement de tous les joints
moteur ... Mais depuis,
c’est le bonheur tous les week-ends, et pour - un prix raisonnable.
Avec sa direction
assistée et sa climatisation, ma 365 GT 2+2 m’a offert 30 000 km de
plaisir depuis cinq ans, subtil
mélange de charmes anciens et modernes. Si son précédent
propriétaire, qui habitait Chambéry, se reconnaît, je serai heureux
qu’il me contacte :
patrick.grumillier@wanadoo.fr.»
RESPECT MUTUEL
Thierry Cabal vit une liaison harmonieuse avec sa Ferrari 400
automatique : “Depuis
juillet 2001, 6 000 kilomètres parcourus avec cette voiture agréable
ne m’ont laissé que de merveilleux souvenirs. Pour cela, il suffit
de respecter quelques bases simples: ne pas pousser le moteur à
froid et ne pas considérer la boîte automatique comme une boîte
séquentielle moderne.”
"Depuis juillet 2001, 6 000 km
parcourus avec cette voiture agréable ne m’ont laissé que de
merveilleux souvenirs."
Thierry Cabal

RÉTROVISEUR - JUIN
2005
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